«on s'y retrouve tous»

01 septembre 2014

 

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«oui, c'est vrai qu'en quelque sorte quand on y pense on n'a rien en commun avec les choses comme par exemple nos poils ; là c'est pris en exemple mais ça pourrait être tout autre chose ; comme ces gens qui ont pour métier de penser à des choses élevées et qui ne prêtent jamais attention au fait que par exemple ils pourraient faire le poirier et qu'ils ne s'en porteraient pas plus mal ; pas forcément besoin de descendre au caca ou au pipi, rien que la façon dont on soulève nos membres c'est déjà quelque chose que l'on sépare du fait qu'on s'engage par ailleurs dans des choses qui nous semblent justes, alors que tout se tient, ça revient au même»

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02 septembre 2014

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«oui, moi aussi c'est juste pour essayer que j'essaie de découvrir des domaines, c'est pour apercevoir, pour le reste on verra plus tard ; je pense que c'est ça qu'il a voulu dire ; ou alors c'est qu'il faut pas être trop dirigiste ou intrusif si on veut que son poulain s'émancipe ? que grandir pour grandir ça sert à rien si au final on se fait foudroyer ? je sais pas mais perso je pense qu'il faut pas avoir peur de risquer, car si on tente rien après on le regrettera, il faut s'ouvrir le plus possible pour qu'après on puisse puiser l'enrichissement qu'on est venu chercher auprès de ceux qu'on avait déduit comme pouvant être les gens qui nous seraient utiles»

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03 septembre 2014

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«oui, ça je m'y retrouve tout à fait parce qu'une fois ça m'est arrivé : on hésite, on tergiverse, on sait pas si on a vraiment envie de voir telle personne, et finalement quand on s'y met enfin on rate tout, ça tombe par terre ; il faudrait échafauder une théorie là-dessus : quand on passe trop de temps sur quelque chose c'est pour fuir autre chose, pour se cacher ces autres choses ; tout travail sert à nier la possibilité d'un autre travail possible ; à la rigueur il n'y a que celui qui ne fait absolument rien qui ne se cache rien, tout doit défiler dans sa tête de manière exhaustive, il faut le reconnaître ; respectons-le pour ça ; nous on s'active juste pour se prouver que nos choix sont judicieux, c'est pas mieux»

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04 septembre 2014

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«je suis d'accord avec ce mec parce que quand même tout n'est pas sur une même échelle, tout ne doit pas être assumé ; tout ce qui relève du contingent, de l'arbitraire, c'est pas la peine de le montrer aux gens, ça te ferait trop de mal ; personne n'a envie de contempler le hasard ; c'est normal de vouloir montrer que l'on maîtrise sa vie, il n'y a que comme ça que tu peux fonder une politique ; tu vas quand même pas construire une éthique sur le fait que des fois tu manges de la viande alors que logiquement tu devrais t'en passer, tu n'as qu'à rayer ça du segment "militantisme" et le réserver à la "vie privée", comme quand tu fais l'amour, ça te révèle en rien, pas plus que quand tu insultes les gens, t'as quand même le droit d'insulter ces cons sans que ce soit politique, non ?»

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05 septembre 2014

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«ah oui là je saisis bien ces deux volets et le rapport qu'il y a entre eux, je vois tout à fait ; en gros ça parle de s'accrocher comme une ventouse à des récifs, qu'ils soient préjugés ou lubies confortables ; mais j'avoue que ça arrive à tout le monde, même à quelqu'un comme moi ; c'est souvent que je me force un peu à trouver que c'est bien de danser sur ça ou ça ; je sens vaguement que le rythme est trop rigide et soumis à une conjoncture occidentale qui n'a rien d'admirable, que c'est un peu s'y complaire de céder à ce genre de fausse révolte, mais ma foi il n'y a que ça, il ne nous reste que ça dans nos vies : le bruit de fond ; je sais bien que c'est de la musique d'éléphants, je ne supporte plus ces batteurs attardés ni même ces voix pseudo-déglinguées, j'ai presque envie de leur chier dessus parfois, bon je suis désolé mais je vais arrêter, je deviens aigri et ça ne me fait pas du bien»

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06 septembre 2014

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«ah ça c'est sûr qu'on peut tous s'y retrouver, c'est évident : le sentiment d'enfermement, on l'a tous connu, depuis tout petit ; rien que quand tu reviens de la classe tu te dis qu'il y a un truc pas clair, tu te demandes pourquoi il faut forcément séparer "la classe" et "le domicile", tu ne vois pas à quoi ce rituel rime ; c'est là que l'incarcération commence à avoir lieu ; la division de la journée en entités qui ne doivent surtout pas s'interpénétrer ; du coup tu vas exagérer la chose en balançant violemment ton cartable dans ta chambre ; mais tu mimes ta haine car tu serais tout à fait prêt à ce que "le domicile" puisse accueillir le travail, tout comme "la classe" devrait aussi pouvoir communiquer avec la vie ; on parle de "pièces qui communiquent", c'est tout à fait juste car c'est dans l'espace que ça se joue : on a créé des espaces clos qui nous bouffent, qui bouffent les possibilités de porosités des frontières»

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09 septembre 2014

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«alors ça c'est clair comme de l'eau de roche, tellement clair que ça m'émeut ; on a forcément tous des moments où l'on se sent seul pour toujours dans notre tête, on se dit que les autres nous comprendront jamais ; surtout les moments où l'on est réduit à une condition que l'on n'a pas forcément choisie et que les autres nous mettent tout le temps en plein sur la gueule comme ils nous plaqueraient une tarte à la crème ; on le sait qu'on est bien plus que ça, bien plus que tout ce qu'on peut dire de nous, mais les autres savent pas, les autres savent jamais, du coup on préfère se taire, enfin c'est pas qu'on préfère c'est qu'on n'a pas le choix ; pas de notre faute si les autres sortent dans le monde au lieu de nous connaître»

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15 septembre 2014

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«alors là nous croyons que tout est dit dans cette page et nous allons expliquer pourquoi : à la base on se dit des trucs et c'est vrai qu'ils sont pas toujours justes mais par contre il faut reconnaître qu'ils contiennent en germe quelque chose d'intense ; quand plus tard on va vraiment s'efforcer de connaître le monde, ce seront ces choses de départ qui nous guideront, qui nous éclaireront, qui traceront notre grille d'interprétation ; on reviendra peut-être sur certaines mais jamais sur toutes et faut pas le déplorer car sans ces choses on ne serait pas nous-même, on n'aurait jamais choisi de mener le chemin qu'on est en train de mener, on se serait même peut-être suicidé ; alors respect pour les choses qu'on pense, pour le reste on est ouvert, on n'est pas raciste, mais respect quand même»

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16 septembre 2014

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«alors là on peut dire que je comprends tout à fait, c'est très expressif ; c'est vrai que la routine c'est comme poser des objets sur une table, c'est vite monotone ; mais peut-être qu'en fait il dit que c'est pas la même chose, je sais pas ; on sent qu'il a pris du plaisir à dessiner ces espèces de totems en bas ; à l'inverse, on sent que les deux grands bonhommes du dessus ont été faits dans la douleur et représentent ce qu'il ne faut pas faire, ce qui a été déjà trop fait ; alors qu'en dessous c'est comme des petites lumières salutaires qui s'animent, qui peuvent prétendre à d'infinies variations ; on verra, on va voir ça»

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30 septembre 2014

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«oui, là c'est vrai qu'on peut avoir plusieurs interprétations possibles, comme par exemple le fait qu'il puisse critiquer ceux dont le métier est d'être dans ce genre d'aire mentale et spatiale (bien que ce n'soit pas toujours de leur faute), ou alors le fait que lui-même ne soit jamais parvenu à avoir un "bureau" pour quoi que ce soit, qu'il ne sait pas ce que ça veut dire ; oui, ça il faut que les gens le sachent : tout ce qu'il a dessiné et écrit n'a jamais été fait sur un truc qu'il considérait comme un "bureau", comme une aire à part consacrée à ça, dévolue, reconnue, comme peut l'être ce qu'on appelle un "atelier", mot qui lui est encore plus étranger ; ah si, il y a peut-être juste au lycée qu'il a vraiment eu l'impression d'avoir un "bureau" et un "atelier" car c'était une production conséquente et se pensant comme quelque chose d'artistique, mais très vite ça a perdu tout sens et il n'est jamais parvenu à retrouver cette dimension, cette considération ; donc aujourd'hui il faut forcément qu'il s'en moque, c'est comme ça»

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01 octobre 2014

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«je crois que là il n'y a pas grand chose à rajouter, il a tout bien défriché : on peut quand même se demander pourquoi il ne s'est toujours pas mis aux phrases, qu'est-ce qui l'en empêche ; quand il essaie de se le demander il ne trouve que des raisons de fatigue physique, d'épuisement corporel ; il y a quelque chose qui se traîne dans sa constitution métabolique, plus qu'une lenteur c'est un éblouissement, au sens négatif car il a souvent mal aux yeux (et pour faire des phrases il faut avoir des yeux) ; il s'étourdit ; des fois ça le mène à tout mais en général ça ne le mène à rien»

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29 octobre 2014

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«on pourrait se demander ce qu'il "exprime", les gens parlent pas mal du mot "exprime", mais moi je crois plutôt que ça dit, du verbe dire ; ça dit qu'on sent que petit à petit ça se vide, que les compartiments (appelés par le mot "cases") sont comme des martèlements vides de sens, qu'ils ne demandent qu'à appeler des mots mais qu'ils n'y arrivent plus car les mots ont envie de voler de leurs propres ailes ; peut-être que j'extrapole un max mais on le voit apparaître comme ambivalent (ce qu'il est toujours), comme à la fois bloqué et libéré, comme tenté aussi bien par l'ascèse que par le vagabondage, comme le disaient déjà d'autres pages (comme quoi, on en revient souvent au verbe "dire", c'est vraiment un sacré verbe)»

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11 novembre 2014

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«alors là j'ai tout à fait attrapé ce qui est mis en scène : c'est l'éternel double bluff des oppresseurs ; d'un côté ils semblent percevoir nos doléances, mais d'un autre côté ils les transforment selon leur bon vouloir, selon leur propre grille de lecture du monde ; et ils prennent une tête dépitée comme s'ils n'avaient pas les coudées franches, alors qu'ils ont toujours une marge de manoeuvre, non seulement pour modifier l'état des choses mais aussi pour prendre le temps de ne pas travestir nos opinions ainsi que les leurs (car ils en ont à la base, il ne faut pas l'oublier) ;  c'est vraiment bien synthétisé dans ces quelques cases»

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12 novembre 2014

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«mmmmh oui, je vois carrément de quoi il s'agit, voici mon hypothèse : même quand on essaie de chercher à savoir ce que des agents proches ont réceptionné comme document, on ne connaîtra que rarement la nature précise de l'information mais seulement si elle a été transmise ou non, en l'occurence souvent pas mais alors pas du tout ; et l'on aura beau tenter de s'émanciper de ces pleutres, ils restent nos transfrontaliers, tant pis pour nous et pour eux ; mmmmh, avouez que le sens s'est approché un max»

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09 janvier 2015

Numériser 1

«oui, là c'est tout à fait vrai que quand on le fait pour la première fois faut pas trop crier victoire trop vite parce qu'on sait jamais ce qui peut arriver, ça peut ne pas se passer comme prévu, on peut être déçu, faut pas trop trop trop faire le kakou quand même ; on se fait toujours un tableau des choses comme étant carrées, hop on est assis, attablé et on écoute les choses se dérouler, alors qu'en fait on se retrouve à découper des petits papiers colorés donc rien à voir ! rien à voir du tout du tout ! c'est comme être pris au dépourvu et avoir peur d'oublier la raison même pour laquelle on vit, comme s'il y avait un organigramme de notre existence, de nos souffles et de nos mots ! non mais oh»

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21 janvier 2015

1

«t'inquiète, on te comprend complètement, on te soutient, on a bien conscience que tu te sens obligé de faire ces pages, obligé pour rien du tout d'ailleurs, car de plus en plus c'est l'isolement qui te gagne, tu ne sais même plus qui te lit encore, on est sûr que ça n'a fait que diminuer de plus en plus, même si en disant ça on sait qu'on a faux car il y a quand même eu une période où ça avait un peu augmenté et tu avais commencé à croire en quelque chose, tu t'y étais mis tout entier, tu t'y étais consacré pendant toute une année mais pour quel résultat je te le demande, pour quel résultat, mais fallait-il peut-être continuer, mais tu sentais que cela te portait toujours plus loin vers l'indicible donc ça commençait à poser problème quand même, allez salut»

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22 janvier 2015

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«oui, on saisit parfaitement ce que t'aurais envie de faire : soit un mouvement qui s'immisce dans les traits comme au-dessus, où tu te moquerais de ton propre dessin ainsi que de celui de ta génération, soit au contraire un mouvement comme au-dessous où t'essaierais de faire bouger un bonhomme en le considérant perpétuellement comme un bonhomme, en essayant de ne jamais te fixer sur des formes abstraites même si tu peux pas t'empêcher de les apercevoir : ce qui est le plus facile pour tes yeux c'est de tomber dans la métamorphose, on s'en souvient bien, t'inquiète»

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